l'écrit de Daniel 3

Il était devenu vieux

 

Des signes avant-coureurs inquiétants lui indiquaient « que ce n’était plus comme avant » et lui signifiaient que dorénavant il mettait les piedsdans la courd’unezone blanche !

 

Il faisait semblant comme si de rien n’était ! Il se laissait encore aller à imaginer des projets d’avenir incertain de pouvoir les tenir et encore moins si sa santé le lui permettrait.

Il se voyait voyageant à l’étranger au bord de la mer ou visitant Palais et Palaces de Paris.

 

Mais dans son for-intérieur, dans sa bulle il savait que le mot utopie conviendrait« car ce n’était plus comme avant, mais plus du tout plus du tout »

Un signe qui ne trompait pas : il y avait longtemps déjà que plus personne ne lui demandait : «  Quelle profession exerciez-vous ? » ou « Que faisiez-vous avant ? »

 

Si on lui avait posé la question il aurait pu répondre qu’il en avait vu beaucoup des choses « avant » depuis son enfance

Qu’il avait vu les techniques et technologies évoluer, qu’il avait commencé sa vie professionnelle comme apprenti et que grâce à sa volonté de vouloir faire bien et de bien faire il avait accédé rapidement à des niveaux supérieurs.

Il en avait vu des choses se transformer pour aider les hommes à vivre mieux.

Du cheval à crottin au moteur à explosion en passant par la locomotive à vapeur ...

De l’électricité produite par une modeste turbine en travers d’une rivière à la centrale nucléaire en passant par la centrale à charbon...et redécouvrir l’éolienne !

Des premières machines à calculer à manivelle aux puissants ordinateurs en passant par les premières calculettes programmables.

Des postières vous mettant en communication en enfonçant des fiches aux téléphones portables en passant par les cabines téléphoniques de trottoirs.

Des gens travaillant 60 heures par semaine à ceux se plaignant de travailler 35 heures la semaine en passant par la longue période des semaines de 40 h.

Que lui même avait inventé des mécanismes qui avaient été brevetés. Mais à quoi bon : cela n’intéressait personne. Le vieux radotait ! Les temps avaient changé voire muté, voire mutilé.

Maintenant on tchatchait, on échangeait, on communiquait sur Facebook. On se déplaçait en vélo électrique ou par TGV. On prenait aujourd’hui l’avion comme on prenait l’autocar au début des transports en commun.

 

 

Les temps avaient bien changé c’est certain parfois en mieux parfois en beaucoup plus mal.

Les Hommes avaient mis à leurs profits toutes ces inventions et découvertes. Illusions !

Mais qu’en était-il du sort des Hommes. La guerre partout, des gens malheureux partout, des tricheries partout…, des gens sur les trottoirs dans le froid glacial et des autres faisant la queue pour calmer, caler l’estomac en toutes saisons ...

 

 

 

Il le reconnaissait : toutes ses bonnes années à lui n’avaient plus rien à voir avec les temps actuels ni mieux ni pire sauf que c’était parfaitement inutile que quelqu’un le questionne sur son travail d’avant.

Aujourd’hui c’était le temps des téléphones portables et leurs applications à tout-va ! Avec des heures perdues à pianoter ; à s’appeler et se répondre jusqu’à épuisement à en perdre le sommeil.

C’était devenu le temps des puissants ordis, de l’imagerie codée, des effets spéciaux, des trucages plus vrais que nature...faisant appels à des génies en codages.

Bientôt ce sera le temps des voitures autonomes qui roulent et se débrouillent toutes seules pour faire un créneau. On vous retirera le volant, la voiture truffée decaméras et de GPS en liaison par satellite vous promèneront comme un assisté grave dans un fauteuil roulant ! Tout ça, toute cette technologie pour emmener un coupleà la messe du dimanche à l’église distante de un kilomètre.

En équilibre sur des planches truffées de gyroscopes des personnes filaient sans bruit grâce aux batteries.

 

Le summum semblait être atteint : des inconscients ingénieurs qui voulaient à tout prix que leurs robots pensent comme les hommes voire même beaucoup mieux. Des robots s’auto réparant, s’apprenant les uns les autres et se transmettant leurs savoirs et leurs astuces pour qu’ils deviennent chaque jour plus fort. Plus fort que les Humains bien entendu !

 

C’est vrai il était devenu vieux. Il ne comprenait pas où les Hommes allaient, se projetaient, voyaient l’avenir.

Peu importe lui le vieux n’en verra que les prémices de cette nouvelle Société.

Il allait bientôt repartir en arrière, dans son temps où les hommes offraient des fleurs aux femmes ; au temps où les belles voitures attiraient les élégantes minettes….

 

Oui, il était devenu vieux et souhaitait bonne chance à ceux qui prenaient la relève.

daniel

 

écrivain

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