l'écrit de Daniel 3

 

 Cheminot mon ami

 

 

Il garde mémoire qu’à son Noël des cinq ans, le bon père avait déposé sur ses petits souliers une boite comportant un train et des rails. C’était son premier beau cadeau ! Toutefois n’allez pas imaginer que c’était un train électrique ! Une fois les rails assemblés ils formaient un cercle et rien d’autre.

Il ne sait pourquoi sans savoir rien il avait aimé tout de suite ce train. Un instinct ?

 

Plus tard il prit le vrai train – à vapeur. Il garde de ce temps là un bon souvenir des premiers trains à vapeur. Toute cette vie qui gravitait autour du train. Tout ce monde dévoué qui s’occupait des locomotives et des passagers. Tout le monde l’oeil rivé à l’horloge ; l’exactitude comme principe premier.

Le conducteur avait la gueule noire, le visage du chauffeur était tout rouge, le sonneur de roues avec son maillet écoutait si toutes tiendraient le coup encore ce voyage.

 

Et les rails qui passaient partout coûte que coûte ! Les anciens avaient nivelé le terrain, percé les montagnes, construit des viaducs et des ponts avec les outils de l’époque c’est à dire pas grand-chose ...

 

Cheminot mon ami, te voilà en grève, pour quoi ? Quelqu’un désire ta mort ?

Cheminot mon ami, tu prends tes voyageurs en otages, pour qui ? Quelques-uns qui ont simplement besoin de glorioles ! Et ils se servent de toi !

 

Qu’est-ce que les gens vont retenir de leurs soucis et penser de toi ?

 

J’aimerai - avant de mourir - bien finir mes jours en t’ayant toujours comme ami !

 

daniel

 écrivain

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