l'écrit de Daniel 3

Ce message destiné aux générations futures leur montrera les degrés de réflexions profondes atteints par l’Homme du début du XXIème siècle.

 

 

Boulevard des alignés

 

De plus en plus souvent lorqu'on sortait l'auto que l’on roule ou que l’on stationne les prunes tombent au moindre écart de roues et même quand elles se tiennent coites.

Aidaient à tout le toutim : les caméras, les radars, les radars de feux rouge, les voitures pièges, les motards officiels en civil habillés banalisés comme tout à chacun, la police nationale et municipale à pied, à cheval et à vélo ...

Lorsqu’on avait le bonheur de trouver une place de stationnement : les parcmètres sollicitaient votre bon cœur d’une pièce ou d’un billet, les places gratuites « dix minutes pas plus » vous assuraient d’une forte sortie d’argent rapide … Sans compter les auto-collants obligatoires sur le pare brise : assurance, contrôle technique …

 

Lorsqu’il roulait le conducteur pouvait recevoir des amendes pour avoir manger au volant ou avoir téléphoné ou s’il avait omis de mettre sa ceinture...+++... ou s'il n'arrivait pas à faire taire sa belle-mère qui saoulait le conducteur.

 

L’automobiliste au volant ou pas était cerné de toutes parts ! Pris en étau, pris en défaut, pris en tenailles, pris en sandwiches ...

 

Le nom des rues se modifiaient : Zola, De Gaulle, Jaurès et beaucoup d’autres disparaissaient au profit des nouvelles désignations : avenue des amendes, rue des verbalisés, voie des prunes, cul-de-sac des plumés, voie sans issue mais pas sans PV, parking de par ici la Monnaie, autoroute du triste sort, carrefour des sanctionnés, croisement des pénalisés, ...

 

Impossible de s’arrêter sans risquer de goûter « la chère prune française » offerte par un distillateur distributeur officiel de prunes apparut d’un coup devant le capot de la voiture, né comme issu d’une génération spontanée.

Les centre-villes mourraient. Pas d’arrêt, pas de commerce !

 

Les conducteurs contrevenants devenaient malgré eux à la fois membres bienfaiteurs « renfloueurs » des fonds publics et adhérent malgré eux à l’APF (aux pénalisés de France ou aux pénalités de France)

 

En plus de tout cela, « ils » avaient installé un peu partout des troncs le long des routes. L’automobiliste n’avait nul besoin de s’arrêter pour déposer l’argent. Un flash s’allumait, s’illuminait pour le remercier… Vraiment on n’arrête pas le Progrès pour le procès !

 

De toute cette histoire fantaisiste, ce qu’il était intéressant de savoir et de retenir : c’est que quelques Industriels et Sociologues – tirant leurs marrons du feu -, cataloguaient, décrétaient et apportaient leurs preuves à eux, que l’Homme était déclaré inapte à la conduite, incapable de se raisonner. D’où ils mettaient en chantier la voiture où le conducteur deviendra passif passager restera à l’arrière à lire son journal. Un commerce juteux !

 

Pour ceux qui avaient vu de la Vie toutes les couleurs - qui avaient vu le Progrès les sortir de leurs horizons très limités, que la voiture leur avait ouvert la porte sur la Liberté -, s’étonnaient de cet aboutissement xxx du Progrès acquis au fil des ans en un siècle seulement. S’étonnaient - que via satellites, caméras et lasers -, de cette conclusion unilatérale : de véhiculer en fauteuils roulants des Hommes propulsés comme invalides avant l’âge.

 

Ce message lu par les générations futures montrera les degrés de réflexions ridicules atteints par l’Homme en ce début du XXIème siècle.

 

On pouvait espérer mieux !

 

 daniel

 

écrivain

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