l'écrit de Daniel 3

 Dunes

Aujourd'hui je vous propose un texte que j'ai écrit il y a une dizaine d'années. Comme il n'a pas pris une ride dune je le remets en ligne. 

  Introduction

 

D'apprendre, de recevoir les idées des autres c'est bien, mais de se forger soi-même une opinion c'est mieux.

 

Ainsi si on écoute les uns, là où se trouve le grand désert de sable du Sahara, il y aurait eu là une grande forêt voire une immense mer.

Mer qui se serait évaporée ou infiltrée et laisserait aujourd'hui couler des gouttes sous le sable.

 

Un peu d'observations par-ci, un peu de fantaisies par-là, quelques mots glanés de-ci, quelques mots posés là et me voilà imaginant des (belles) sirènes sous le sable.

 

Certains affirment que c'est le vent qui déplace les dunes mais moi je sais qu'il n'en n'est rien : ce sont les sirènes qui déplacent les dunes !

 

  *

 

La fable que je m'en vais conter débute comme suit : la mer qui jadis se retira du lieu, échappée d'ici depuis belle lurette se trouvait remplacée par toute une foule de dunes.

 

 Le lieu apparaissait désert !

 

 Désert ? En apparence seulement !

 

 Dunes

 

A bien y regarder la mer qui s'évapora d'ici il y a fort longtemps abandonna là ses belles sirènes légendaires et les laissa exposées au soleil brûlant dangereux comme un diable.

 

Naturellement, pour se protéger des cuisants "rayons-dards", les séductrices un peu trop découvertes s'enfouirent sous le sable.

 

A mieux y regarder, un étrange monde féminin grouillait là en dessous, sous le sable qui épousant les formes des corps aux courbes généreuses donnait des reliefs étonnants appelés dunes.

 

Le Temps jouait avec les courbes et s'amusait à les patiner pour les rendre parfaites …

 

Toutes les choses de notre monde semblaient figées et paraissaient définitivement fixées. Cependant, elles se mouvaient perpétuellement : comme les plaques tectoniques, comme dans ce désert d’Afrique où les chaudes dunes aux superbes et irréprochables lignes courbes suggéraient des femmes sensuelles ambrées aux courbes voluptueuses bien balancées, ondulantes, ondoyantes aux gré des vents et des temps.

 

 Des formes changeantes, mouvantes, lascives, coulantes, insaisissables, infiniment gracieuses !

 

Effleurant l’espoir insensé de toucher un jour la Tendresse des Hommes, elles continuaient inlassablement de peaufiner leurs sculpturales beautés en affinant infatigablement le grain de leur peau satinée. Elles visaient sans cesse la ligne parfaite, le galbe idéal pour leur plaire et les charmer.

 

Les chauds souffles caressants des vents et la longue patience des Temps - comme deux amoureux - s’accordaient pour leur confectionner et leur offrir des extraordinaires bouquets de roses des sables.

 

rose des saables

 

Ces roses des sables donnaient raison au poète et prouvaient que des Dames ne demeuraient pas loin d'ici …

   daniel

 écrivain

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