l'écrit de Daniel 3

 

 Le jour où tout bascula

 

Qu’un jour cela arrive c’était inévitable ! On cherchait tellement et On dépensait tellement outrageusement ! On dilapidait des fortunes pour la trouver coûte que coûte !

C’est pendant une nuit noire pour les uns ou en pleine lumière crue du jour pour les autres qu’on la trouva. La nouvelle se répandit si vite qu’elle fit une infinité de fois le tour de la Terre à la vitesse de la lumière.

La chose tant convoitée et trouvée par hasard était pile-poil ce qu’on recherchait.

Des gens interloqués étaient sonnés ; d’autres les pieds sur terre anticipaient l’avenir et laissaient éclater leur joie.

 

La nouvelle faisait grand bruit. Certains se préparaient déjà à prendre leurs tickets, d’autres frustrés et surtout fauchés disaient que même pour tout l’or du monde ils ne partiraient pas. Pourtant en leur for intérieur ils auraient bien aimé dégager de l’air d’ici.

 

On entendait parler que de cela. Jours et nuits ! Le reste de ce qui se passait d’autre dans le Monde n’intéressait plus personne.

 

C’est qu’il devenait urgent d’aller voir ailleurs. L’air et l’eau recyclés et « rerecyclés » depuis des millénaires n’affichaient pas la meilleure forme olympique. Les animaux et les poissons ne se plaignaient pas mais ils n’étaient pas particulièrement en bonne santé. Les Hommes à bout de souffle iraient bien prendre une goulée d’air pur plus loin et aussi par la même occasion boire une bolée d’eau pure.

 

On avait tout essayé : manger moins, le rationnement strict minimum, stopper la pollution par tous les moyens, remplacer l’auto par le bourrin, revivre comme nos ancêtres, se laver quand il pleut, surveiller les boit-sans-soif et les Gargantua ...

Des ingénieux avaient mis un parasol géant entre le soleil et la Terre pour faire de l’ombre. Des astucieux avaient expédié une armée de satellites pour faire écran total. Les satellites avaient déployé leurs ailes et corrigeaient en permanence leurs positions pour rester face à face au soleil.

Des dégourdis inventifs avaient installé des ribambelles de congélateurs hyper géants pour compléter le manque de froid aux pôles afin de solidifier l’eau pompée à droite et à gauche et expédiée en zone glaçons fondants.

 

Enfin, les terriens allaient pouvoir quitter tout cela.

 

La grande nouvelle venait de l’espace : on avait trouvé une assez grande planète qui pouvait accueillir tous les Hommes. Même air, eau identique, température similaire ! Des forêts d’arbres poussaient un peu partout peuplées à gogo d’animaux !

 

Il y avait un hic : « Ils » n’avaient pas osé tout leur dire mais « Ils » leur avouèrent que la planète sœur exploserait prochainement percutée par une monstrueuse météorite.

Pendant des nuits noires et pendant des jours de pleine lumière crue tout le monde regretta l’espoir mort-né.

daniel

 écrivain

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